Flyer Retour
Eclaircissement sur quelques fondamentaux des Arbres de connaissances Michel Authier - Publication du Céreq - juillet 98 – Extraits (texte original 14 pages)

Né comme concept sociologique et mathématique en novembre 1991, validé comme solution informatique en février 1992, proposé comme moteur d’un projet d’organisation des forces d’enseignement et de formation ouverte et à distance en avril 1992, exposé dans un livre en novembre 1992, devenu une réalité technologique en 1993 et industrielle en 1994, les " Arbres de connaissances " prétendent à un renouvellement des pratiques humaines aussi bien en situation de travail ou d’apprentissage, que dans la vie sociale ou éducative. Basés sur des principes nouveaux de traitement de l’information, de l’implication des acteurs et de l’exploitation des richesses humaines, les " AdC " ont été l’objet de multiples interrogations quant à leurs fondements. La raison d’être de ce texte est d’éclaircir un certain nombre des renversements qui sont à la base de l’émergence de ces arbres aussi bien comme technique que comme pratique.

Ressources / Richesses

L’exploitation
Sans revenir sur le schéma taylorien de l’organisation du travail, il importe de suggérer rapidement la vision qu’en a TriVium. La relative stabilité des moyens de production et des schémas d’organisation qui, jusqu’à ces dernières décennies, ont eu une durée de vie globalement supérieure à celle d’une génération, ont permis aux entreprises d’asseoir leur richesse sur l’appropriation de ces moyens de production et sur le contrôle de l’organisation du travail. (…)

La valorisation de l’humain
Ce qui compte dans cette évolution des entreprises vers l’invention, c’est que la contrainte ne consiste plus à produire plus, plus vite, au moindre coût, mais à produire avant tous les autres quelque chose de nouveau. (...)

Trivium et le rapport au pouvoir
L’effort de TriVium par ses méthodes et ses instruments est de participer avec d’autres à rendre possible ce renversement auquel les pouvoirs résistent. (…)

Compétences / Connaissances
Arbres de connaissances, arbres de compétences, arbres d’informations, les appellations sont nombreuses et cet opportunisme dans le choix des termes ne manque pas d’intriguer dans le meilleur des cas. (…)

La reconnaissance
Le moment essentiel de la pratique des " AdC " c’est la reconnaissance. Le principe fondamental est le suivant : reconnu par d’autres, chacun augmente son implication par rapport aux autres. (…)

Échange et partage
En mettant la reconnaissance à la base de la socialité, les " AdC " privilégient la notion de partage plutôt que la notion d’échange.(…)

Le problème de la valeur
Dans une entreprise, les hommes valent par ce qu’ils peuvent. Et ce qu’ils peuvent n’intéresse l’entreprise que si elle en a besoin. De plus, ce dont l’entreprise a besoin n’a de sens que si tôt ou tard, elle trouvera les hommes qui pourront satisfaire ces besoins. La valeur des hommes, les besoins des entreprises, les ressources qui permettent de trouver ou de transformer les hommes, s’équilibrent mutuellement pour créer la dynamique de l’entreprise. (…) Parmi d’autres, la solution proposée avec les " arbres " consiste tout d’abord à affirmer :

  • qu’il n’y a pas une seule stratégie possible (même si elle s’appuie sur les " arbres de connaissances "),
  • qu’il est nécessaire d’exploiter au mieux toute l’énergie que peuvent apporter les gens quand ils parlent de ce qu’ils sont,
  • que le partage de la même technologie est le moyen le plus sûr de rendre possible le partage et la comparaison dans des univers pourtant différents,
  • que la vision publique des dynamiques collectives même si les individus ne sont pas impliqués dans chacune d'elles, est le moyen d’aboutir progressivement à un espace où se jouent des pratiques similaires d’évaluation.

    Technique et falsification

    Le traitement mathématique
    Technologie favorisant l’expression collective, les " AdC " se doivent de donner au problème de la représentation de l’opinion générale comme somme des expressions particulières une réponse satisfaisante. Elle se doit donc de satisfaire aux contraintes suivantes :

  • 1- La représentation doit concerner toutes les expressions particulières,
  • 2- Elle doit être la plus simple possible en ne citant qu’une et une seule fois les items sur lesquels les acteurs s’expriment.
  • 3- Elle doit être sensible aux transformations de chaque expression personnelle. L’arbre se construit par couches successives puis par bifurcations.

    Couche
    A la première étape, chaque individu nomme une compétence. Parmi toutes les compétences nommées en premier, on sélectionne le plus petit ensemble de compétences qui génèrent chez les individus qui les nomment en premier, toutes les autres compétences nommées en premier chez les autres individus.

    Bifurcation
    Une fois la première couche identifiée, on élimine les compétences de la première couche dans toutes les listes et on recommence. Ainsi de suite jusqu’à épuisement des compétences. Le plus curieux est certainement de remarquer la parenté entre ce principe (et ces deux conséquences) et le principe général de l’expression politique dans ce qu’il a de plus respectueux de l’expression de chacun avec ces deux conséquences :

  • 1. Laissons parler ceux qui parlent le mieux pour tous (Efficacité de la représentation). Ce qui est important est ce qu’ils disent, et non pas ceux qui le disent. Le représentant n’est pas en tant que tel un individu du système représenté.
  • 2. Laissons parler celui qui est le seul à pouvoir dire ce qu’il dit (Principe de la motion d’ordre, refus de l’exclusion).
    Ces deux principes (couche et bifurcation) exhaussent totalement la façon dont sont construits les arbres de connaissances. Leur simplicité est telle que des enfants n’ayant pas le logiciel construisent leur arbre " à la main ". Evidemment, cela prend quelques heures. Le logiciel le fait en quelques dixièmes de seconde.

    La représentation
    La représentation en arbre est une conséquence du traitement mathématique. Comme on l’a vu, le système ne recherche pas a priori cette forme plutôt qu’une autre. Les choix " esthétiques " de cette représentation sont ceux de l’infographiste. Ils sont dictés par le désir de donner à un ensemble important de compétences une visibilité satisfaisante.

    Automate ou instrument
    À ce titre, la logique de lecture des arbres s’apparente plus à l’interprétation au sens musical du terme, qu’à la découverte du sens scientifiquement parlant. Avec l’" arbre " dont il est l’un des membres, l'individu est en mesure d’explorer la nature de son rapport aux autres : similitude, différence, intérêt commun ou divergent, etc.

    Accumulation / capitalisation
    L’émergence de nouvelles richesses va de pair avec celle de nouveaux moyens de conservation. Accumuler les informations sur les richesses humaines (compétences, connaissances, etc) est une activité qui a beaucoup coûté de temps et d’argent à de nombreuses entreprises. Rappelons-le une nouvelle fois, pour l’entreprise, comme pour les " arbres ", qui importe ce sont les hommes. Les compétences, les connaissances et leur cohorte de savoir, savoir-faire, savoir être, comportement, attitude cognitive, ne sont que des moyens plus ou moins bien adaptés au repérage des qualités de ceux qui travaillent dans l’entreprise. Dans cette optique, il importe que les " arbres " participent à la défense des hommes, à la maîtrise de l’exercice de leurs professions, à l’exhibition de la richesse essentielle qu’ils apportent aux organisations qui sans eux ne pourraient rien.

    Voir le pdf complet
  • Retour